L’absentéisme au travail : une hausse des arrêts maladie dans le secteur public et le secteur privé

I. Le phénomène grimpant de l’absentéisme au travail
 
Une enquête réalisée par Malakoff Médéric révèle une hausse de 6% de l’absentéisme médical dans le secteur privé entre 2010 et 2016. Les secteurs les plus impactés sont l’industrie-BTP et la santé, et regroupent le plus grand nombre d’arrêts maladie enregistrés. Malgré la règle des trois jours de carence dans le secteur privé, les salariés en arrêt de travail sont de plus en plus nombreux et la durée de leur absence plus longue.

Toutefois, cette augmentation ne concerne pas que le secteur privé. En effet, on observe une hausse de 28% dans le secteur public sur les neuf dernières années. Ainsi 44% des agents publics sont au moins absents une fois par an.

Par rapport à ses partenaires européens, la France compte en moyenne 16,6 jours d’absence sur l’ensemble de la population active (contre 5 jours en moyenne pour la Grande Bretagne et 19 jours pour l’Italie).

II. Le coût des arrêts de travail
 
Ces absences représentent un coût considérable et toujours en hausse. En effet, le coût des arrêts de travail tous secteurs confondus est estimé à 7,1 milliards d’euros en 2016 par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam). De plus, si on prend en compte les effets directs et induits (traitement administratif, salaire des CDD remplaçants), le coût serait évalué à 60 milliards d’euros par an.

En 2018, les dépenses d’indemnités journalières versées par le régime général d’assurance maladie pour les risques maladies et professionnels ont augmenté de 8% par rapport au mois de janvier 2017.

Sur les douze derniers mois, ces dépenses s’élèvent à 10,3 milliards d’euros, soit une augmentation de 5,2% en données corrigées des jours ouvrables. La hausse provient pour deux tiers d’un plus grand nombre de jours d’arrêt et pour un tiers d’indemnités plus élevées.

III. Les raisons de la hausse des arrêts maladie
 
Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, considère que cette augmentation est due à la dégradation des conditions de travail avec des objectifs toujours plus hauts, un manque de déconnexion en dehors du travail et un temps de transport éprouvant.

De son côté, la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) estime qu’il y a un problème de fond : un mal-être au travail et des « contraintes physiques et psychosociales ». De ce fait, la moitié des arrêts pourraient être évités grâce à une réorganisation du travail et des outils plus adaptés.

Parallèlement à cette hausse du nombre d’arrêts maladie, on observe que 19% d’entre eux ne sont pas respectés. En effet, les salariés concernés reprennent le travail immédiatement ou trop rapidement, craignant une surcharge de travail à leur retour, une pression hiérarchique trop importante, ou encore l’impossibilité de confier sa tâche à quelqu’un d’autre. Ce phénomène est très fréquent chez les cadres et n’est pas sans conséquence. En effet, quatre personnes sur dix regrettent leur décision car la qualité de leur travail s’en est ressentie, leur convalescence a été plus longue et certains de leurs collègues ont même été contaminés.

Sources :
 
« Absentéisme au travail : deux études pointent une augmentation dans le privé et dans le public », Europe 1, 22 novembre 2017
« L’emploi repart, les arrêts maladie s’envolent », Les Echos, 20 février 2018
« Pourquoi le nombre d’arrêts maladie augmente ? », BFM Business, 21 février 2018
« Absentéisme au travail : les arrêts maladie en progression dans le privé », RTL, 22 novembre 2017




Enquête publiée par Le Parisien en novembre 2017.
Représentant la part de salariés ayant posé un arrêt maladie au cours de l’année.