Analyse des Evolutions de Consommation sur les Régimes Frais de Santé Collectifs d’Entreprise

Analyse des Evolutions de Consommation sur les Régimes Frais de Santé Collectifs d’Entreprise
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Analyse des Evolutions de Consommation sur les Régimes Frais de Santé Collectifs d’Entreprise

Le confinement a changé de manière très sensible la structure et le niveau de consommation médicale sur le 1er semestre 2020. Il nous a semblé important de dresser des constats sur les observations que nous avons pu faire sur l’ensemble de l’activité de notre Cabinet pour le Compte de nos clients.

Dans un 1er temps, il nous parait important de noter l’impact de la Réforme 100% Santé, applicable au 1er janvier 2020, non pas sur le présent exercice, mais sur l’exercice 2019.

De manière sensible, et spécifiquement sur les 3 postes impactés par cette Réforme, Dentaire, Optique et Audioprothèse, le niveau de consommation a fortement augmenté sur le 4ème trimestre 2019 par rapport au reste de l’année, et surtout par rapport au 4ème trimestre 2018.
Le caractère anxiogène de cette Réforme par sa prétendue répercussion sur les tarifs, comme pour toute réforme en général, la communication négative de nombreux professionnels de Santé, mais également la faible intensité des messages du Gouvernement et de l’Assurance Maladie sur ce sujet, autant que la saturation de l’espace médiatique par le sujet des Retraites, ont laissé la place à un phénomène d’anticipation de certaines dépenses.
Cette crainte était totalement infondée, car la Réforme n’a fait que créer des gammes d’équipements médicaux, sans reste à charge ou à des tarifs normalisés.

Ainsi, la sinistralité sur la fin de l’exercice 2019 s’en est trouvée perturbée, avec une dérive des dépenses des Régimes Complémentaires de 2% à 3% du total des dépenses, spécifique sur ces 3 postes et ce sur la fin de l’année dernière.

Les 1ères observations sur les mois de Janvier et Février 2020, période de l’année non impactée par la Crise Sanitaire, ont permis d’identifier une légère baisse sur ces postes, mais à un niveau non significatif.

Dans un deuxième temps, dès la mi-mars, et pendant les 8 semaines de confinement, les niveaux de consommation ont été fortement perturbés. A cet effet, il est nécessaire de rappeler que les 2 postes Dentaire et Optique représentent près de 50% des prestations des Régimes complémentaires.
D’une part, l’offre de soins sur ces 2 postes s’est trouvée totalement contrainte, avec une impossibilité d’accéder à une prestation hors cas d’urgence.
Ainsi, sur cette période, les dépenses des Régimes Complémentaires ont diminué de 60% à 65%. Cela concerne en principal les postes Dentaire et Optique, mais également les autres postes dans une moindre mesure, du fait de la restriction globale de l’offre de soins, de l’affectation prioritaire des ressources pour la prise en charge des conséquences de l’épidémie, mais également de la crainte légitime de contamination dans les établissements de Santé.
Une baisse de 60% des prestations sur une période représentant un tiers du 1er semestre 2020 représente une diminution globale de 20% des prestations.
Du fait du recul dont nous bénéficions sur l’observation du 1er semestre, nous considérons que ces analyses sont consistantes.



Postérieurement à la période de confinement, l’évolution des comportements a également eu un impact sur les modalités de consommation de Santé.
Les capacités d’accueil n’ont pas fortement progressé par rapport au début d’année, du fait des contraintes sanitaires au titre du respect des gestes barrières. Nous avons cependant observé sur les mois de Juin et Juillet une légère dérive sur les postes :
– Optique à hauteur de + 8%,
– Et Dentaire à hauteur de + 6%.
Nous ne disposons pas des éléments statistiques nécessaires pour savoir si cet effet « rattrapage » a vocation à se maintenir sur les mois d’Août et suivants, mais il est logique que certains actes médicaux empêchés pendant la période de confinement fassent l’objet d’un traitement et d’une prise en charge différée dans le temps.
L’effet « rattrapage » peut être estimé à 2% à 3% de surplus de prestations sur l’ensemble de l’année. Si l’objectif est d’anticiper l’atterrissage des résultats sur l’ensemble de l’exercice 2020, hors évènement extérieur, un résultat initialement anticipé à l’équilibre peut se retrouver à un niveau de 93%.

Au niveau national, la baisse des dépenses des Mutuelles Santé est évaluée par le Gouvernement à 2,2 Milliards d’Euros cette année.
La « Taxe-COVID » que le Gouvernement souhaite appliquer dès l’exercice 2020 aux Organismes complémentaires a vocation à « prélever » ce gain technique observé sur 2020, et le maintien de cette taxe sur 2021 et au-delà pourrait justifier une augmentation des tarifs au 1er janvier 2021.

Dans une situation d’équilibre, il nous semble abusif d’envisager la répercussion de cette taxe, sauf à ce qu’elle ait vocation à avoir un caractère récurrent, ce qui est souvent le cas des taxes.


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